Thursday, 14 September 2006

Elle (Marie-Laure Béraud)

Omdat het een schitterend nummer is en de tekst nergens on-line te vinden tenzij via de waybackmachine, zet ik het hier voor het nageslacht:

Elle - Marie-Laure Béraud

Elle n'aimait pas les tombeurs
tous ces imbéciles
qui pensaient un jour
pouvoir flotter sur ses cils
caresser ses cimes
sentir la soie du calice
plonger à pieds joints
au fond de son précipice

Eva avait de ces cimes
d'un bleu somptueux
des yeux qui luisaient
pour ceux qui s'y égaraient
des yeux carnivores,
et des désirs de mante
d'amante vert cru
aux aguets, sur la branche

elle tendait comme aimantée
vers les passions passagères
et quand le feu faiblissait
disparaissait dans les airs

les jours de chaleur
elle ne pensait qu'à la neige
les jours de malheur
se perdait en arpèges
faute d'avoir trouvé
cet homme assez doué
pour lui souffler
le solfège de ses rêves

Son bien le plus précieux
était son âme
son corps sous d’autres corps
et alors et alors
bien trop curieuse
pour une vie de femme pieuse
à repasser les plis d’une aventure flétrie

elle tendait comme aimantée
vers le chaud de la lumière
qui éclairait ses entrailles
le temps d'un feu de paille

elle tendait comme aimantée
vers les passions passagères
et quand le feu grandissait
disparaissait dans les airs

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